Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

| Vivre à Bordeaux et en Gironde | 6 décembre 2016

Haut de Page

Haut

Stéphanie O'Brien | Entre Londres et Bordeaux

Mis à jour le 13 janvier 2016

Stéphanie O’Brien | Entre Londres et Bordeaux

Ecrivain, touche à tout, Stéphanie est en plein tournage (pour une grande chaine de télé anglaise) d’un reportage sur les couples qui quittent Londres pour s’installer à l’étranger.

Dublin-Londres – Charente – Bordeaux

Irlandaise, je suis mariée à un Irlandais qui adore la France, c’est important car ma famille est francophile. J’étais d’ailleurs à l’école franco irlandaise de Dublin et j’ai fait sciences-po Paris. Mes parents se sont installés en Charente en 2008 même si mon père travaille toujours à Dublin pour financer la maison.
J’ai quitté Dublin pour Londres en 2007. Je venais chaque année aider mes parents à retaper leur maison à Aigres où j’ai épousé Conor en août 2013.
Deux jours après notre mariage, nous avons passé une nuit à Bordeaux qui fût une révélation. Nous avons décidé de nous y installer en nous baladant aux quinconces à 4 heures du matin. Douze semaines plus tard nous quittions Londres où j’étais professeure privé de français pour des familles riches et célèbres, les très nombreux français installés à Londres y créaient une concurrence redoutable.

Se loger-travailler

Nous n’avions aucun « plan », juste l’envie de venir.
A Bordeaux, postuler pour un travail sans adresse et compte en banque est une « mission quasi impossible », la domiciliation charentaise fût précieuse. Seules les agences de particuliers à particuliers étaient ouvertes à notre situation et n’exigeaient pas de caution exorbitante. Nous avons trouvé à nous loger aux Chartrons. Deux semaines après notre arrivée Conor a commencé à travailler comme professeur d’anglais à l’école Wall street English. Nous n’avions pas encore de meubles, dormions sur un matelas par terre, la bohème !
Au bout de 5 à 6 mois j’ai intégré Wall street, puis l’ESCEN (école du web business), tout en terminant l’écriture d’un roman.
Je suis tombée enceinte, une grossesse compliquée.
Aujourd’hui Octavia a trois mois et nous lançons notre business tout en gardant nos boulots pour plus de sécurité.

Lancer son business

Nous travaillons à la création d’un futur centre de performance théâtrale.
Nous avons ouvert dans les locaux du studio A rue chevalier le « Drama Studio Bordeaux », une école de théâtre bi-langue axée sur le jeu physique et avec des ateliers pour adultes animés par Conor.

Il travaille en anglais, je suis là en « background » pour traduire, encourager, rassurer. Chaque atelier a son existence propre tout en s’inscrivant dans une progression d’apprentissage qui peut s’avérer utile pour s’exprimer en public, passer les auditions des grands écoles dans une autre langue. C’est comme un training qui intègre la notion de plaisir. Nous cherchons un local, idéalement un entrepôt bien situé.

On aime

  • La plage: une grossesse alitée ok mais dans le sable du Porge !
  • Saint Emilion, Blaye, le Sauternais.
  • Saint Michel et les Chartrons avec le café sister, la vie en rose et Paul’s place évidemment.
  • Le restaurant de poisson le petit commerce, le cinéma Utopia, le jardin public.
  • Le sens du voisinage.
  • Les bordelais sont naturellement « hype », stylés sans effort.

Le bilan

25 000 Irlandais ont quitté Dublin pour Londres ou l’Australie au moment de la crise.
Nous avons le sentiment d’arriver dans un territoire vierge plein de potentiel. Nous sommes moins riches mais malgré tout gagnants sur la qualité de vie. Les seuls tracas furent ceux de la grossesse et de la bureaucratie. Nos amis en visite étudient la possibilité de s’installer.

Interview réalisé par Guillemette Bardinet pour Sud-Ouest (les néo-bordelais)

Share This