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| Vivre à Bordeaux et en Gironde | 11 décembre 2016

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Eric Giraud Héraud | Je suis heureux de participer à ce défi scientifique à Bordeaux

Mis à jour le 20 mai 2015

Eric Giraud Héraud |  Je suis heureux de participer à ce défi scientifique à Bordeaux

Eric Giraud-Héraud est économiste à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux (ISVV).

Le projet professionnel?

J’étais directeur de recherche à l’INRA à Ivry sur Seine et travaillais au sein du laboratoire d’économétrie de l’école Polytechnique.

Denis Dubourdieu (the œnologue) et Olivier Lavialle (directeur de Bordeaux sciences agro) m’ont proposé de monter une chaire de l’économie du vin, c’était un pari fou et motivant que de créer autour du vin un organisme regroupant des scientifiques dans un but de recherches pluridisciplinaires, d’échanges de savoirs.

Je suis heureux de participer à ce défi scientifique à Bordeaux.
Cerise sur le gâteau, l’offre émanait de personnes que j’estime et respecte, Denis Dubourdieu est l’œnologue le plus connu du monde d’un point de vue scientifique, qui aime le style au delà des AOC.

Où à Bordeaux ?

Je suis arrivé en janvier, ma femme portugaise et notre fils sont au Portugal mais elle a été très séduite par la ville et ses habitants. Nous imaginions à tort un quant à soi aristocratique alors que même les chauffeurs de taxi sont sympas, c’est dire.

Quand ce poste m’a été proposé, je me suis projeté sur le quai des Chartrons, emblématiques de l’économie du vin.
Une amie bordelaise m’a pourtant conseillé de m’installer dans le quartier Nansouty et j’avoue que je m’y trouve très bien, c’est un quartier à vivre avec son couturier, sa super boulangerie, son buraliste…

J’y ai mon QG au bar restaurant chez Luis où je convoque parfois mes thésards plutôt qu’à l’ISVV.

Nos goûts évoluent-ils en matière de vin ?

Oui, et ils sont plus ou moins influencés.
Cette question amène d’autres questions : un bon vin, est-ce une histoire de science ou de goût ? Est-ce le même pour l’œnologue et le consommateur ?
Il n’est pas aisé de sortir de l’étiquette et de l’info que l’on détient, même les grands dégustateurs ont besoin de références. Une part de rêve et de subjectivité intervient dans la manière dont nous apprécions un vin.
Et puis chacun a le droit d’avoir son style, il faut garantir la liberté de construction autour d’un vin.

Un grand souvenir de vin ?

Un Crozes Hermitage dégusté dans un bistrot de San Francisco après 15 jours passés dans la Napa Valley, lassé des goûts sucrés des buveurs de Coca Cola.

Vos lieux bordelais ?

  • La récré chez Maria à Nansouty, avec sa soupe et son quart de rouge, ce resto a une âme.
  • La cuve, caviste de Nansouty qui s’est trompé sur le prix d’un Côte rôti à son désavantage et me l’a laissé au prix indiqué sans même me connaître, la classe.
  • Le restaurant « bistrot du sommelier » que j’apprécie grandement et qui a une belle carte des vins.
  • Le Noailles où j’ai dîné avec Dubourdieu et sa femme, nous avons parlé peinture et littérature et salué le « winemaker » Michel Rolland.
  • Le peintre Philippe Conord qui exposera cet automne à la galerie Guyenne Art Gascogne, maudit et qui pour moi sera le Cézanne du XXIème siècle.
  • J’aime le quartier de la gare avec ses maisons basses.
  • Les capucins, formidables, j’y ai retrouvé un commerçant parisien devenu marchand de saucisson.

Un défaut ?

Le prix des taxis
La pluie
L’absence des grandes expos, moins de boîtes de jazz, la vie culturelle parisienne pourrait me manquer, je vais en construire une autre.

Des projets bordelais ?

Immigrer, rester, je suis provincial dans l’âme, angevin. Découvrir les Landes, le bassin d’Arcachon.

Interview réalisé par Guillemette Bardinet pour Sud-Ouest (les néo-bordelais)

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