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| Vivre à Bordeaux et en Gironde | 6 décembre 2016

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Delphine Gleize | Au bon coin bordelais

Mis à jour le 16 décembre 2014

Delphine Gleize

Delphine Gleize est réalisatrice de cinéma. Elle a deux enfants de 4 et 10 ans (Théodore et Aramis).
Sa vie parisienne a pris fin par les hasards d’une annonce sur le bon coin.
Son mari, Jérôme, est producteur.

Avant propos

J’ai des origines béarnaise, mon père est Montois.
Je suis née à Saint Quentin entre Paris et Bruxelles. Je passais toutes mes vacances à Mont de Marsan que je rejoignais au gré d’une traversée qui passait par Bordeaux. Nous longions les quais noirs avec ces « petites dames » (ndlr : dames de petite vertu) qui se tenaient devant les bars à… rhum, ça sentait bon la vie portuaire.

Je disais toujours « un jour je vivrai là », ça faisait marrer tout le monde.
Plus tard je suis revenue à Bordeaux 2 fois par an pour siéger à des commissions d’attribution financière de la région en cinéma.
Je restais une journée, ne voyais rien, si ce n’est les travaux du tram.
Je me souviens d’un copain cinéaste qui repartait à vélo après avoir posé son cartable dans un cageot, je pensais « le veinard ». Une amie monteuse Montoise est venue vivre à Bordeaux il y a 4 ou 5 ans, elle a trouvé la ville géniale.

Mon cheminement vers Bordeaux est fait de tous ces petits cailloux là.

Le déclic

Il y a de cela 2 ans j’ai vu sur le bon coin la photo d’un appart, d’un jardin, d’une cuisine en location à Bordeaux.
L’annonce venait d’être mise sur le site, je me suis immédiatement projetée, d’autant plus vite qu’il nous était impossible d’acheter ou de louer plus grand à Paris.

J’ai appelé la propriétaire, le courant est passé. Nous avons visité l’appartement situé à Saint Michel, le marché des Capucins voisin, le charme du quartier nous ont conquis, nous y sommes encore.

Le trajet du retour fût pourtant silencieux, Jérôme pensait aux trajets à venir et aux changements qui s’annonçaient.
Moi j’étais déjà bordelaise.
Bordeaux nous a recentrés, j’ai la sensation d’y avoir trouvé le décor de notre vraie vie.

Le boulot

En phase d’écriture on peut être partout, en tournage on est souvent ailleurs, la vie à Bordeaux m’ était donc tout à fait envisageable d’un point de vue professionnel. Pour Jérôme cela induisait plus de bouleversements.

La vie bordelaise

Ici la lumière, le ciel sont un émerveillement, et puis les gens marchent normalement.
Je suis tellement moins pressée, j’ai arrêté de dire « vite vite » à tout bout de champ, la lenteur qui m’exaspérait hier c’est surement moi aujourd’hui.
Ici tout est à taille humaine, simple.

Paris ? Je vais à Paris 2 jours toutes les 3 semaines et Jérôme y va davantage même s’il a des bureaux ici.

La vie sociale

Se faire des copains fût assez rapide, des amis ce fût plus long mais nous y sommes.
J’ai été marraine du meilleur vin de graves 2012, ce qui a créé l’occasion de belles rencontres : un caviste des capucins, une oenologue attachée de presse, une photographe et puis nous avons un réseau par le rugby, l’école.

Pour les parisiens, on est sur la route de plein de choses : l’Espagne, les vacances ce qui nous vaut quelques visites sous forme de halte.

J’ai appris :
A faire du vélo, avec un casque les 6 premiers mois.
A redécouvrir Paris que j’adore d’autant plus fort que je sais que j’en repars.

Les écueils :
le quotidien est tellement agréable que c’en est dévorant.
La pluie la première année et l’absence de quartier indien pour pinailler.

Des projets :
Terminer l’écriture de mes 2 projets, continuer à travailler avec des comédiens à Angers en coaching d’écriture avec Jeanne Moreau, continuer avec l’avance sur recette au CNC pour les premiers longs métrages.

Les lieux qui comptent

  • Les capucins en semaine, j’adore Than le vendeur de tortillas
  • Le stade Moga à Bègles pour le rugby
  • Le stade Chaban pour les machs importants
  • La Brède pour la corrida, la dernière était incroyable. La rage des anti corridas est d’une incroyable violence parfois
  • Chez BU bar à vins de la rue du pas saint Georges

On va beaucoup les uns chez les autres même si je trouve que les gens mettent du temps à se recevoir chez eux.

Les enfants :
Aramis a quitté toute sa bande de copains du XVIII ème. Le jour de la rentrée, à la sortie de l’école, entouré de deux de ses potes d’aujourd’hui il nous a dit : vous me jurez qu’on habite Bordeaux jusqu’à mes 30 ans », il a de vrais super potes, Théodore est très heureux ici lui aussi.

Interview réalisé par Guillemette Bardinet pour Sud-Ouest (les néo-bordelais)

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