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| Vivre à Bordeaux et en Gironde | 11 décembre 2016

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Constance Rubini, directrice du musée des arts décoratifs

Mis à jour le 27 juin 2014

Constance Rubini, directrice du musée des arts décoratifs

Constance Rubini est arrivée de Paris en janvier 2013 pour prendre la direction du musée des arts décoratifs.

Le goût de Bordeaux

J’ai débarqué seule dans un premier temps. Ma plus jeune fille de 16 ans terminait son année scolaire à Paris avant de me rejoindre.

Avant

Je m’occupais de la programmation du musée des arts déco à Paris, j’ai également été commissaire générale de la biennale du design à Saint Etienne.
Je ne cherchais pas à changer mais les hasards de la vie s’en sont mêlés : un ami en qui j’ai une grande confiance m’a parlé en terme élogieux de cette annonce pour le musée, j’ai fini par candidater et me suis prise au jeu.

Une fois dans la poche, les questions se sont posées : la pertinence de mon choix, le déménagement familial.
J’étais bien dans ma vie parisienne avec mon appart, mes copains.
En même temps j’ai toujours aimé sauter dans l’eau froide.

Je ne connaissais pas la ville, juste le musée et les quais que m’avait fait découvrir Michel Corajoud (j’avais réalisé pour la biennale de Saint Etienne un film sur leur aménagement).

Je me suis dit « j’aime le musée », quant à la ville, « advienne que pourra ».

L’arrivée

J’ai démarré le 20 janvier 2013, loué un studio sans mes filles à Saint Pierre et de janvier à septembre j’ai fait connaissance avec la ville en circulant et en me baladant le soir à vélo.
J’ai exploré Saint Michel, Saint Seurin pour finalement trouver mon appart aux Chartrons.
C’est un heureux hasard, il y a là bas une vie de quartier à l’opposé de ce que je vivais à Paris : du lien, un esprit  de village, une ambiance joyeuse, plein de gens sympas.
De manière générale les commerçants bordelais  sont aimables là où le parisien est habitué à se faire engueuler.
Depuis que je suis ici je suis plus relax.

La vie culturelle ?

L’offre est accessible, à l’échelle, simple, proche et intéressante.
A Paris le manque de temps empêche de profiter pleinement.
Ici tout me semble à deux pas, le musée est à 5 minutes de l’opéra… Du coup la notion de quartier me semble certes réelle mais différente.

 

Les enfants ?

Une de mes filles étudie à l’étranger, à Bath, celle de 17 ans aujourd’hui m’a suivie.
Elle a quitté ses copains, elle appréhendait. L’intégration a été assez rapide, elle est plutôt contente et reste même parfois volontairement à Bordeaux pendant certaines vacances.

Peut mieux faire

Il y a trop peu de petits commerçants, on est souvent obligé de passer par la case supermarché car l’offre est assez pauvre même si les Chartrons font un peu exception.
La fin de l’anonymat, tout me revient, tout le monde est au courant de tout, c’est un peu stressant.

Un projet bordelais

Développer un musée du design, une première.
Je m’y attèle, en lieu et place de l’ancienne prison bâtie au XIXème siècle à l’arrière de l’ancien hôtel particulier qui abrite aujourd’hui le musée.
Accueillir l’expo Andrea Branzi en octobre, ce sera sa première rétrospective et elle aura lieu « hors les murs » à l’espace Saint Rémi.

Les lieux qui comptent

  • la Bocca, mon petit resto des Chartrons,
  • Mollat le samedi si je reste là,
  • l’auditorium,
  • la jolie rue Camille Sauvageau,
  • la place Camille Pelletan à Saint Michel.

Je rêvais d’habiter la petite place derrière le Palais Gallien à l’angle de la rue du colisée avec ses deux palmiers et ces quelques marches.
J’aime la place Mitchell, Bordeaux regorge de places qui ont un esprit méditerranéen, la base sous marine, le bassin d’Arcachon, les alentours de l’estuaire, j’aimerais bien explorer l’île de Patiras.
Musée_des_arts_décoratifs_de_Bordeaux

 

Interview réalisé par Guillemette Bardinet pour Sud-Ouest (les néo-bordelais)

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