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| Vivre à Bordeaux et en Gironde | 11 décembre 2016

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Bordeaux en odorama !

Mis à jour le 15 septembre 2015

Bordeaux en odorama !

Clémentine Humeau est née à Manosque, ex concertiste, elle a choisi Bordeaux qu’elle aborde avec un flair tant poétique que professionnel.

Avant

J’ai vécu pendant 15 ans une carrière de hautboïste classique, je connaissais l’opéra de Bordeaux pour y avoir joué et le conservatoire pour y avoir donné des Master classes.

Parcourant le monde trois semaines sur quatre, nous (mon mari, hautboïste également, et moi-même) habitions Tours.

De mes voyages je rapportais de la fatigue et des odeurs sous formes d’huiles essentielles.

Reconversion

Nous avons deux enfants de 11 et deux ans et demi, leur papa s’est reconverti dans la médiation.

Je souhaitais changer de vie et cultiver ma passion de toujours pour l’olfaction, les odeurs que j’ai toujours collectionnées.

J’ai suivi une formation de créateur de parfums à l’école du cinquième sens à Paris tout en continuant mon métier dans un premier temps.

Sédentarisation

Sachant qu’en arrêtant la musique nous allions nous sédentariser, nous avons fait le choix de Bordeaux il y a quatre ans.

Bordeaux pour la mer et ses odeurs océaniques, la richesse culturelle et architecturale, la proximité de la tribu familiale (mes parents habitent Agen et mon frère, leader du groupe Eiffel réside à cinq minutes de chez moi).

Nous avons acheté une échoppe avec un petit jardin, des carreaux de gironde et un jasmin à deux pas de la barrière de Bègles. La rue nous a « accueilli », grâce à la fête des voisins, pleine de gens d’origines et d’âges divers.

Le boulot

Premiers pas avec la maison éco citoyenne qui m’a passé commande de cinq parfums emblématiques de la région: les dunes, la forêt en automne, la campagne au printemps, les vignes, la mer.

Je crée des parfums sur mesure et j’anime un atelier de voyage olfactif deux fois par mois, j’ai « olfactisé » les musées de Bordeaux pour la nuit des musées et je viens de signer la création du premier parfum de la marque David Thibaut, « cristal d’Afrique » , 100% naturel.

Ma société, basée aux Terres neuves à Bègles s’appelle « les olfactines ».

Mes lieux

  • Le bar la flèche à Saint Michel
  • La place Fernand Laffargue pour écrire
  • Le geste sublime du barman de l’Alchimiste qui fabrique ses cocktails avec amour, mon préféré a le goût de l’odeur de l’eau de cologne
  • La place Saint pierre et ses arbres;
  • Manger des huitres à jeun aux capucins: pas besoin d’aller à l’océan on y est!!

J’aime l’ambiance portuaire et regrette parfois les bords de Loire plus sauvages. La ville est un peu lisse, sans réelle mixité dans le centre.

Les odeurs de Bordeaux

  • Saint Michel c’est la menthe
  • Les quais c’est l’odeur du vent et de l’océan que l’ on reçoit par vagues et c’est trop bon, cela nous amène à Talmont, à l’estuaire
  • Mon quartier sent la mer grâce à la géniale poissonnerie « vents et marées ».
  • Ma maison porte en elle l’odeur du bois, du jasmin, de la lavande et de la vieille pierre crayeuse
  • L’odeur du dimanche est indissociable des grandes orgues de la cathédrale: ma fille fait de la trottinette sur la place pendant que je sirote un café
  • Bègles sent le varech au parc Mussonville, la violette et un cocktail de tous ses jardins dérobés au printemps
  • Les odeurs des fleurs et des arbres sont dans les jardins et me manquent dans la ville qui sent la craie, une odeur sèche qui crisse.
  • La si chic place des grands hommes sent le fromage, j’aime ce décalage.

Interview réalisé par Guillemette Bardinet pour Sud-Ouest (les néo-bordelais)

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